ForSEPs est un forum dont le but est d'aider à la naissance de nouvelles pistes de recherche pour la SEP (Sclérose En Plaques), et également un lieu d'entraide pour les malades, leurs familles et leurs amis


Stress et maladies auto-immunes

Partagez
avatar
Domyleen

Messages : 7809
Date d'inscription : 29/04/2010
Localisation : Normandie

Stress et maladies auto-immunes

Message  Domyleen le Lun 7 Jan 2013 - 23:21



J'ai retrouvé cette étude, sur le rôle du stress, qui date de 2009! (j'ai cherché, mais je ne pense pas qu'elle ait déjà été postée quelque part ... ?)

Stress et maladies auto-immunes: l'interaction entre systèmes nerveux et immunitaire mieux comprise

Soumis par Gestion le 28 décembre 2009

Des chercheurs ont identifié un mécanisme par lequel le stress peut favoriser le développement des maladies auto-immunes (1). Cette découverte pourrait mener au développement de nouveaux traitements.

Le système nerveux sympathique qui est responsable de la réponse au stress (dont la fonction est de mobiliser l'énergie pour "se battre ou fuir" - "fight-or-flight") contrôle aussi les cellules régulatrices T dont un rôle est de mettre fin à une réponse immunitaire une fois qu'un envahisseur étranger a été détruit, selon leur étude publiée dans le Journal of Leukocyte Biology.
"Nous avons montré pour la première fois que le système nerveux contrôle les cellules régulatrices T ...", dit Robert E. Cone, coauteur sénior de cette étude. "Ce qui montre qu'il est impératif de se concentrer sur les interactions neuro-immunitaires et de comprendre comment ces deux systèmes différents, les systèmes immunitaire et nerveux, interagissent."

Cone, Sourojit Bhowmick et leurs collègues ont injecté chez des souris un médicament appelé 6-hyroxydopamine (6-OHDA) qui élimine sélectivement les nerfs sympathiques situés dans différents organes.

Les souris ayant reçu le 6-OHDA qui a effectivement coupé le lien entre le système nerveux et le système immunitaire avaient deux fois plus de cellules régulatrices T dans leur rate et leurs ganglions lymphatiques.

Les chercheurs ont alors cherché à savoir si le 6-OHDA, en augmentant les cellules régulatrices T qui interviennent pour mettre fin aux réponses immunitaires, préviendrait le développement des maladies auto-immunes.

Ils ont injecté le 6-OHDA chez des souris avant de les soumettre à des conditions connues pour causer une maladie auto-immune similaire à la sclérose en plaques chez les humains. Contrairement au groupe de comparaison, celles traitées avec le 6-OHDA n'ont pas développé la maladie auto-immune, ce qui montre que non seulement le système nerveux sympathique affecte le système immunitaire mais aussi comment il peut être possible de prévenir et de stopper les troubles auto-immuns.

"Depuis les travaux pionniers de Hans Seyle's sur le stress, les chercheurs ont essayé de comprendre comment les situations stressantes exacerbent souvent les maladies auto-immunes et cause la ré-émergence d'infections latentes, dit John Wherry, éditeur du Journal of Leukocyte Biology.

Cette étude peut conduite à des traitements entièrement nouveaux pour contrôler des maladies auto-immunes telles que le lupus, l'arthrite et l'eczéma.

(1) Dans une maladie auto-immune, le système immunitaire attaque certains de ses propres tissus ou organes

Psychomédia avec source:
Science Daily


http://www.psychomedia.qc.ca/stress/2009-12-28/stress-et-maladies-auto-immunes-l-interaction-entre-systemes-nerveux-et-immunitaire-mieux-comprise


avatar
spongebob

Messages : 25
Date d'inscription : 22/09/2013

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  spongebob le Dim 9 Fév 2014 - 12:31

Bonjour,

J'ai lu dans différents posts que vous pensiez que le stress avait une influence sur le développement de cette maladie (j'ai même vu un post où une personne disait avoir été sous un stress terrible et qu'elle avait eu une grosse poussée puis plus rien depuis que les facteurs de stress avaient disparu).

Je voudrais savoir si vous l'avez constaté sur vous même et ce que vous faites pour contrôler ce stress pour qu'il n'accélère pas le développement.

Enfin, comment gérez vous votre vie professionnelle par rapport au stress (si vous travaillez) ?

Merci.


Dernière édition par spongebob le Sam 15 Fév 2014 - 22:49, édité 1 fois
avatar
PatrickS

Messages : 425
Date d'inscription : 26/01/2014
Localisation : Sarthe

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  PatrickS le Dim 9 Fév 2014 - 14:59

Bonjour,

On en parle depuis longtemps (mais sans preuves).
Voici un texte tiré de: 
Les 5 piliers de la santé
Au delà de la méthode
Editions Jouvence
Dr P-G Besson, Dr A Bondil, Dr A Denjean, Dr P Keros de l'association  Médicale Kousmine Internationale

Voici, tiré du livre du Dr J.P. Lablanchy, psychiatre et humaniste Parisien, une « échelle du stress » (échelle de Holmes) qui permet de quantifier 41 évènements de la vie courante selon une gradation statistiquement éprouvée. Elle permet d’évaluer l’importance d’un évènement traumatisant.
 
Décès du conjoint………………………………100
Divorce……………………………………………73
Séparation conjugale…………………..…………63
Peine de prison……………………………………63
Décès d’un proche………………………………..63
Accident ou maladie………………………………58
Lien (contrainte aliénante)…………………………50
Licenciement………………………………………47
Réconciliation conjugale…………………………..45
Retraite……………………………………………..45
Ennui de santé……………………………………..43        
Grossesse…………………………………………..40
Problèmes sexuels………………………………….39
Grandissement du cercle familial………………….39
Rapports tendus au travail…………………………39
Changement de situation financière……………….39
Disputes répétées avec le conjoint…………………35
Hypothèque………………………………………...31
Recouvrement d’un prêt supérieur à 15000€            ………30        
Changement de responsabilité professionnelle…….29
Enfant quittant le domicile…………………………29
Friction avec les beaux parents……………………29
Réussite personnelle exceptionnelle……………….27
Début ou fin du travail pour le conjoint……………26
Début ou fin de l’école…………………………….26
Changement des conditions de vie…………………25
Changement des habitudes personnelles…………..25
Problèmes avec le patron…………………………..23
Changement dans les heures de travail…………….20
Changement e résidence…………………………..20
Changement d’école……………………………….19        
Changement dans les loisirs……………………….19         
Changement d’activité religieuse………………….19
Novelles activités sociales…………………………18                    
Hypothèque ou emprunt inférieur à 15000€……….17
Insomnies………………………………………….16                                
Changement dans le cercle familial……………….15
Changement dans les heures de repas……………..15
Vacances……………………………………………13       
Fête de Noël..………………………………………12
 
Les chiffres de droite constituent une sorte d’échelle relative du stress, permettant de comparer les évènements les uns par rapport aux autres.
 
Jusqu’à un total de 150 points, on n’observe pas de conséquences physiques particulières aux évènements vécus. De 150 à 300 points, il existe au moins des conséquences neurovégétatives, c'est-à-dire une perturbation du système nerveux de contrôle de la vie des organes. Au-delà de 300 points, il est rare que n’apparaisse pas un trouble ou une lésion de nature psychosomatique. Mais n’oublions pas que l’évaluation est statistique, donc relative, chacun vivant un évènement donné avec une intensité qui lui est propre.(…….)

On pourrait s’étonner  de voir apparaître des circonstances  heureuses dans  la liste des évènements traumatisants . Mais BON-heurt ou MAL-heurt constituent l’un comme l’autre des « heurts », et par là même des traumatismes (…)



Un jours à la fois
avatar
Domyleen

Messages : 7809
Date d'inscription : 29/04/2010
Localisation : Normandie

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Domyleen le Lun 10 Fév 2014 - 0:42

@spongebob a écrit:Je voudrais savoir si vous l'avez constaté sur vous même et ce que vous faites pour contrôler ce stress pour qu'il n'accélère pas le développement.

Enfin, comment gérez vous votre vie professionnelle par rapport au stress (si vous travaillez) ?

   Pour ma part, je suis une "stressée chronique". Je supporte mal la pression, que par ailleurs, je m'inflige toute seule ...
   Et les poussées se sont toujours déclarées lors d'une période de gros stress (y compris les accouchements), auquel s'est ajoutée une grosse fatigue. 
   Mes dernières poussées ont suivi la perte brutale de mon époux, le départ des enfants, des changements dans mon activité commerciale, un déménagement, l'apparition d'une thyroïdie auto-immune ..., tout ça, en une seule année. Bref, si je compte tout (selon le post de Patrick), je dois avoir largement dépassé les 300 points! 

Mart67

Messages : 158
Date d'inscription : 12/06/2013

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Mart67 le Lun 10 Fév 2014 - 8:13

Bonjour,

Dans mon cas le stress a toujours été présent lors de "poussées" et était sans doute le "déclencheur".

Je pensais être une angoissée chronique, alors que j'ai découvert il y a 2 ans (grâce à des séances d'hypnose) que je ne vivais pas ma vie tout simplement. Very Happy 
J'en vois déjà certain sourire, en se disant elle est dingue. Je me le disais aussi au début, moi la cartésienne (études scientifiques) je ne pouvais pas croire en se genre de truc.

En fait, dans mon cas j'étais restée bloquée sur un schéma (ce qu'on doit être) et des croyances (bien/pas bien). Héritage de mon éducation. Les sentiments qui me bloqués: peurs et culpabilité.

je suis une sensitive: celle qui ne vous regarde pas quand vous parlez mais qui entends se que vous dites et ne dites pas (rythme, intonation de votre voix, gestes etc...). Mon éducation m'avait appris à mettre de côté ces sensations pour ne rester que sur le visible et quantifiable.
A chaque coup dure, je faisais taire cet aspect sensitif et je ne gardais que le mesurable, à l'encontre de ce que je suis pour rentrer dans le "moule".

Bref, je pense que l'aspect stress n'est qu'un facteur aggravant ou peut-être déclencheur mais est très bloquant pour progresser.

J'apprends à le gérer et franchement j'en vois que du bénéfice.

Bonne journée
avatar
Liseline

Messages : 437
Date d'inscription : 08/11/2012
Localisation : PACA

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Liseline le Lun 10 Fév 2014 - 11:49

Mart67,

Ton analyse n'est pas du tout risible !

Elle rejoint l'analyse du Dr Olivier Soulié qui, avec quelques neurologues "bannis" des cercles autorisés, travaille sur les causes de la SEP (et développe l'idée de "sortir de la SEP" plutôt que "guérir de la SEP")
http://www.prevention-sante.eu/podcast/sortir-sclerose-en-plaque-dr-olivier-soulier/
J'ai eu l'occasion de visionner les 2 DVD d'une conférence qui s'est tenue en 2012 à Paris.
J'étais très dubitative, mais il est interessant de noter qu'ils font le lien entre le stress, le système immunitaire et le système digestif. En travaillant sur les 3 dimensions, certains malades seraient parvenus à "sortir de la SEP".

Sur le plan du stress, ils le relient à ce que tu évoques : les malades de la SEP auraient pour caractéristique commune d'avoir reçu une éducation qui ne leur aurait pas permis d'être ce qu'ils sont, de suivre leurs propres désirs, sensibilité et croyances.
Ils resteraient, sans en avoir conscience, les bons petits soldats d'injonctions familiales, parfois transgénérationnelle.
Les intervenants expliquent notamment pourquoi, selon eux, la myéline est attaquée, en tant qu'elle représente la substance "nounou" des neurones (il y aurait un lien avec une une hormone maternelle, du temps où on nageait dans son placenta).
La SEP, ce serait en quelque sorte un symptôme de comment notre Moi essaie de se libérer du "non Moi" qui l'empêche de se développer. Dans les moments critiques de notre existence qui peuvent rendre ces tensions entre "soi" et "non soi" très aiguës, cela pourrait provoquer des poussées.

J'ajouterais que mes infirmiers à domicile, qui voient beaucoup de malade de la SEP, ont fait le constat que tous les malades ont des caractéristiques psychologiques communes.

C'est en tout cas une piste de réflexion intéressante ; même si cela ne permet pas "sortir de la SEP", cela peut permettre d'être attentif à ce que l'on est, très intimement.

Lise
avatar
Domyleen

Messages : 7809
Date d'inscription : 29/04/2010
Localisation : Normandie

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Domyleen le Lun 10 Fév 2014 - 14:46

Alors là, Martine et Lise, vous apportez de "l'eau à mon moulin", car je suis exactement dans le même cas que vous, mais, je n'arrive pas tout à fait aux mêmes conclusions et reste critique à l'égard de ce qu'affirme Olivier Soullié. Pour la seule raison que j'ai pu constater que beaucoup de personnes ont, par exemple, "subi" une éducation bien plus contraignante que la mienne, mais, elles, n'ont pas forcément connu de stress, ni de "blocages".  
   Donc, l'éducation, en elle-même, ne serait pas en cause (c'est mon avis), mais autre chose, dans nos cerveaux a fait que nous avons réagi d'une certaine façon vis-à-vis de cette éducation: une sensibilité (hypersensibilité) qui rend difficile nos rapports au monde.
 
HS:
 (Alice Miller, psy, qui a écrit sur "l'enfance d'Hitler", a expliqué que son enfance avec un père violent serait un élément de réponse à son désir de revanche et de grandeur: bref, ce qu'il est advenu aurait eu pour cause, son enfance ... Comme pour certains criminels, l'explication de leurs actes serait à rechercher dans leur éducation .... comme Edmund Kemper, par exemple; Or tous les enfants maltraités ne deviennent pas des tueurs. lol!. Mais, A. Miller démontre bien que certains enfants comme Hitler, étaient des "hypersensibles" aux sentiments (ou ressentiment, j'dirais plutôt, dans "ce cas" précis, lol!) exacerbés). Mais qu'est-ce qui faisait qu'il ne pouvait pas gérer, surmonter et maîtriser ses sentiments? Un truc dans le cerveau qui l'empêchait de penser "normalement" et conduit à un état de confusion des valeurs?).
Martine: a écrit:En fait, dans mon cas j'étais restée bloquée sur un schéma (ce qu'on doit être) et des croyances (bien/pas bien). Héritage de mon éducation. Les sentiments qui me bloqués: peurs et culpabilité.
  
@Liseline a écrit:les malades de la SEP auraient pour caractéristique commune d'avoir reçu une éducation qui ne leur aurait pas permis d'être ce qu'ils sont, de suivre leurs propres désirs, sensibilité et croyances. 
Ils resteraient, sans en avoir conscience, les bons petits soldats d'injonctions familiales, parfois transgénérationnelle.

    La même éducation ne produit pas les mêmes effets selon les personnes (la preuve, des enfants d'une même famille, qui sont allés à la même école, avec les mêmes instits, etc ...), et, pour moi, c'est donc plutôt "notre" ressenti face à cette éducation, qui serait en cause. Et pourquoi avons-nous ces sensations "à fleur de peau"? 
     Et cela revient à s'adapter (ou tenter de), en se créant ce qu'on appelle un "faux-self", dont on a du mal à se libérer et qui nous empêche de retrouver notre vrai moi.

@Liseline a écrit: J'ajouterais que mes infirmiers à domicile, qui voient beaucoup de malade de la SEP, ont fait le constat que tous les malades ont des caractéristiques psychologiques communes.

    Intéressant, en effet ... Mais quelles caractéristiques, plus précisément? 
    Perso, je suis intriguée par le fait que dans l'entourage (famille) des personnes SEP, il y a souvent des cas de "Dys", ou d'autres pathologies neurologiques ... 

C'est en tout cas une piste de réflexion intéressante ; même si cela ne permet pas "sortir de la SEP", cela peut permettre d'être attentif à ce que l'on est, très intimement.

    C'est aussi mon avis, mais j'évite de trop en parler car je me heurte à l'incompréhension d'autres malades qui ont malheureusement entendu le fameux "c'est psychologique" et les dégâts que cette phrase a pu enclencher. 
    (Ma psy, que je n'ai rencontrée qu'à 5 reprises, est certainement la personne qui m'a permis de "sortir" de la SEP, même si les symptômes physiques sont toujours présents, et que j'éprouve des difficultés à marcher, ma tête, elle, est ailleurs ...).

   Et aussi, j'ai une question: avez-vous eu, y compris, enfant, l'impression hyper désagréable d'un gros décalage entre "la tête et les jambes": un cerveau qui va très vite dans tous les sens, et le corps qui "n'arrive pas à suivre"?
avatar
spongebob

Messages : 25
Date d'inscription : 22/09/2013

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  spongebob le Lun 10 Fév 2014 - 21:55

@Mart67

Et comment faites vous pour mieux le gérer ? vous vous êtes fait aidée ?

Je trouve votre témoignage très touchant. Cette prise de conscience vous a permis j'espère d'orienter votre vie pour la vivre plus pleinement !! :-)

Mart67

Messages : 158
Date d'inscription : 12/06/2013

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Mart67 le Mar 11 Fév 2014 - 7:37

Merci Liseline pour tes explications.

Domyleen, je suis d'accord avec toi, on doit considérer notre ressenti par rapport à notre environnement et ne pas chercher un fautif (éducation par exemple). En fait dans mon cas j'ai constaté qu'il fallait que j'accepte mon ressenti plutôt que de vouloir coller à un schéma.

Juste pour dire un mot sur cette étape indispensable de "travail" sur soi je dirai même plutôt découverte de soi (conscient/inconscient), je le conçoit comme un outil pour progresser.

Outil qui permet de "voire" plus clair et ne pas se mettre des barrières.

Le plus difficile a été de se lancer, de braver les jugements des uns et des autres (c'est des charlatans etc...), de braver ses peurs (et si j'étais manipulé par cette personne et que la sep s’accélère?). Bref les premiers pas étaient difficiles.

Un an après le cheminement avec ses bénéfices continu: stress géré face au quotidien (travail, famille: on respire et ça ne prends plus aux tripes).

Cet outil m'a permis de regarder mes symptômes pour ce qu'ils sont et non pas comme ils doivent répondre à une pathologie. Idea 

Je ne vais pas faire l'exposé du parcours, mais j'en suis à tester la révision de mon alimentation et "l'attaque" de certaines bactéries.

L'avenir me dira si je suis sur le bon chemin.

Je suis convaincue d'une chose, la base de tous ces dérèglements repose sur notre alimentation moderne (sucre,pesticides etc...) qui a rendu l'organisme humain plus fragile.
Les bactéries ont un terrain de jeu idéal pour s'installer et parfois dégrader l'état de leur hôte.

Bonne journée
avatar
Domyleen

Messages : 7809
Date d'inscription : 29/04/2010
Localisation : Normandie

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Domyleen le Mar 11 Fév 2014 - 8:33

@Mart67 a écrit:Cet outil m'a permis de regarder mes symptômes pour ce qu'ils sont et non pas comme ils doivent répondre à une pathologie.  


   C'est également cette prise de conscience qui m'a permis d'avancer... (et comme personne n'a les mêmes symptômes et que les médecins ne peuvent pas dire ce qu'est la SEP, cette démarche n'en est que facilitée, je trouve ...)
avatar
Zoé

Messages : 175
Date d'inscription : 18/09/2012
Localisation : Paris

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Zoé le Mar 11 Fév 2014 - 11:03

Liseline, Domy, Marthe,
J'ai été extrêmement touchée par cet échange, dans lequel je me suis reconnue.
De moi, une amie de fac qui a d'ailleurs développé une SEP, disait tout le temps, non pas que j'étais à fleur de peau, mais à fleur d'angoisse.
Le stress, c'est l'horreur et je ne sais comment le gérer. Je n'ai plus de traitement, je fais de mon mieux et avec le régime sans gluten, le je ne mange plus de viande ni de produits laitiers de vache et la girokynésie j'ai fait, depuis mon diagnostic des progrès incroyables.
Mais lorsque le stress m'attaque, c'est fini, je ne peux plus marcher. C'est ce qui m'est arrivé encore hier, injustice au boulot, problèmes dans ma vie sentimentale et les jambes qui s'arrêtent.
Je me suis donc couchée pour écouter l'entretien du docteur Olivier et j'ai été profondément bouleversée. Je suis persuadée qu'il a raison, sur les 30 % d'amélioration liés à la nourriture et au sport, mais aussi sur les 30 % liés à la partie psychologique.
Mes parents ont fait pour le mieux, mais ils ont essayé de m'imposer leur vision des choses et moi je m'y suis pliée. Je pense que je c'est ce que je formule lorsqu'à mes moments de dérive je dis, j'ai tout raté dans ma vie, ce qui fait bondir tous ceux qui m'entourent.
J'ai fait il y a quelques années une thérapie assez longue pour travailler un problème d'anorexie, je viens de faire une tentative ratée sur une thérapie censée m'aider à accepter ma maladie, je le regrette, ce n'était peut être pas la bonne personne.
Mais je vais travailler sur ces questions, comme le Docteur Olivier le suggère parce que je suis intimement convaincue qu'en ce qui me concerne, j'ai développée cette SEP tardive parce que je ne voulais plus aller de l'avant.
avatar
Liseline

Messages : 437
Date d'inscription : 08/11/2012
Localisation : PACA

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Liseline le Mar 11 Fév 2014 - 12:40

En tout cas, manifestement, cela nous parle !

Domyleen, tu dis très justement que "La même éducation ne produit pas les mêmes effets selon les personnes (la preuve, des enfants d'une même famille, qui sont allés à la même école, avec les mêmes instits, etc ...), et, pour moi, c'est donc plutôt "notre" ressenti face à cette éducation, qui serait en cause."

C'est tout à fait vrai, nous ne réagissons pas tous à la même éducation... Mais une éducation n'est jamais là même, selon par exemple sa place dans la fratrie, ce que les parents attendent inconsciemment de nous, que l'on soit un garçon ou une fille...
L'hypothèse défendue par Soulier, c'est que pour certains, la SEP se développe quand on n'a pas pu faire autrement.

Par exemple, beaucoup de malades de la SEP n'ont pas fait de crise d'adolescence. C'est mon cas : petite fille modèle, adolescente modèle et aujourd'hui adulte "modèle"  Cool 

Mes infirmiers, quand ils évoquent des constantes chez les malades, font aussi référence à un modèle familial : souvent autoritaire, qui ne laisse pas de place à l'expression des désirs et ressentis personnels. Ça donne des adultes raisonnables, responsables et qui s'interrogent sur le sens de leur vie (la voie qu'ils ont choisie est-elle bien la leur puisqu'ils ne savent pas vraiment ce qu'ils veulent, puisque leurs parents n'ont jamais vraiment réussi à laisser de place à l'individualité de leur enfant ?)


Ça donne un peu ce que dit Zoé :
Mes parents ont fait pour le mieux, mais ils ont essayé de m'imposer leur vision des choses et moi je m'y suis pliée.

Les parents font effectivement, dans la majorité des cas, de leur mieux, avec ce qu'ils sont et leurs propres casseroles, ce qui leur a été transmis, l'éducation qu'ils ont eue.
Il ne s'agit pas de leur jeter la pierre, mais peut-être d'essayer de cesser d'être l'enfant qu'ils peuvent continuer à voir en nous, et de prendre conscience qu'on essaie toujours de leur faire plaisir.

Oulala... ça va loin, là ! Laughing 


Lise
avatar
PatrickS

Messages : 425
Date d'inscription : 26/01/2014
Localisation : Sarthe

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  PatrickS le Mar 11 Fév 2014 - 14:36

Bonjour,

Mes infirmiers, quand ils évoquent des constantes chez les malades, font aussi référence à un modèle familial : souvent autoritaire, qui ne laisse pas de place à l'expression des désirs et ressentis personnels. Ça donne des adultes raisonnables, responsables et qui s'interrogent sur le sens de leur vie (la voie qu'ils ont choisie est-elle bien la leur puisqu'ils ne savent pas vraiment ce qu'ils veulent, puisque leurs parents n'ont jamais vraiment réussi à laisser de place à l'individualité de leur enfant ?)


Mon cas:
Je n'ai jamais pu dire NON, j'ai fait du Judo, de l'accordéon etant petit, mais cela ne me plaisait pas (contrairement à mon père).
Quand je suis allé au lycée, mes parents ont dit au sujet de l'orientation proposée: "les profs savent ce qui est bien pour toi". 
J'avais envie de faire du dessin et le seul métier que je connaissais (très très peu) était architecte. Je me suis retrouvé au lycée à faire un bac E (mathématiques et technique). Ensuite des boulots à droite et à gauche, pui s embauché chez mes parents (camping = entretient et restaurant = aide en cuisine). J'ai toujours aimé la cuisine et je me suis donc perfectionné. 
Quand je suis parti il y a 11 ans, cela faisait une année que j'avais développé cette maladie. et il faut dire que cela faisait des années que je faisait un travail qui n'était pas très gratifiant.
J'ai découvert à peu près en même temps quelles études m'auraient plus, grâce à mon fils qui a pu faire ce qu'il avait envie (du dessin). Lui est (relativement) épanoui, mais tout de même conscient des impératifs de notre vie. 
Selon ses propres paroles, il a choisi le meilleur rapport plaisir/salaire possible. (ce n'est pas la peine d'avoir un super travail qui plait et se retrouver chez Mc Do et faire des frites sont ses paroles au sujet d'un de ses amis).
J'espère juste que je n'ai pas fait d'erreur pour mon fils et qu'il sera épargné par une saloperie comme la sep.


Patrick



Un jours à la fois

Mart67

Messages : 158
Date d'inscription : 12/06/2013

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Mart67 le Mar 11 Fév 2014 - 14:52

Je suis d'accord avec beaucoup de choses dites car j'ai passé cette phase qui me terrifiait: faire le point sur mon enfance et surtout la relation avec mes parents (quelques échanges très fructueux avec eux d'ailleurs), ce qui permet de libérer mes pensées et arrêter le "bavardage mental" très destructeur. Mes parents n'y sont pour rien dans ce qui m'arrive. Il y a sans doute une part génétique mais là encore, ils n'y peuvent rien.

La belle expression de Zoé " à fleur d'angoisse" n'est plus qu'un souvenir qui réapparait de temps à autre et uniquement dans des situations très fortes.

Mais comme déjà dit, je regarde ailleurs maintenant car je suis plus sereine par rapport à ce qui m'arrive.
Je pense que ma sep est un symptôme d'une autre pathologie ou déséquilibre de l'organisme qui lors d'un stress intense se manifeste.

Etant donné la connaissance actuelle de la médecine en neurologie,je pense qu'il est nécessaire de faire une synthèse de toutes les pistes découvertes et ne pas considérer isolément chaque facteurs.

Ce qui m'agace actuellement, c'est ce mutisme et cette non action des personnes décideuses dans notre société face aux problèmes connus liés à l'intoxication alimentaire, médicamenteuse et autre. Hippocrate n'avait-il pas dit: "que ton aliment soit ton premier médicament". On se croit peut être au-dessus de la nature?

Des lobbys "dirigent" notre santé? Est-ce encore tolérable?

Désolée, je me suis éloignée du sujet.
Pour y revenir, je pense que dans tous les cas cette "aventure" avec soi même est très bénéfique. Il faut trouver sa "bonne" personne accompagnatrice et la démarche qui nous parle.


bonne journée à tous
avatar
Domyleen

Messages : 7809
Date d'inscription : 29/04/2010
Localisation : Normandie

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Domyleen le Mar 11 Fév 2014 - 21:40

  J'ai peu écouté Olivier Soullier, scuzi, j'n'ai pas eu le temps, mais je le ferai.


    J'ignore s'il ne parle que de l'éducation parentale ... 


   Car, en fait, c'est plus général, à mon avis: la scolarité, l'entourage familial, ou professionnel et "la société", y sont aussi pour quelque chose (l'élève veut faire plaisir à sa maîtresse, l'employé veut donner satisfaction à son employeur, et on veut tous "plaire" à la société. En espérant, bien sûr que tout ce petit monde daigne le reconnaître ...)
    Je pense toujours au "Malaise dans la civilisation" de Freud ...
  Lui qui disait, en gros, que "toute éducation est mauvaise, mais qu'il en faut une". 
   
Théorie freudienne::
 
   Je copie-colle un un passage de:
  http://www.philo5.com/Mes%20lectures/Cuerrier_L'EtreHumainPanorama.htm#_04
"Freud nous a appris que le milieu culturel et social dans lequel nous grandissons conditionne et modèle notre affectivité, voire notre personne tout entière. Cette « pression civilisatrice » supprime de façon souvent excessive (car elle provoque des névroses) les pulsions instinctuelles et leurs manifestations. Mais c'est le prix qu'il faut payer, puisque, selon Freud, la civilisation naît nécessairement de la maîtrise des passions et de la non-satisfaction des pulsions instinctuelles. Selon Freud, l'être humain est un amalgame conflictuel de nature et de culture. L'homme idéal sera celui qui aura réussi à maîtriser ses passions par la volonté et la raison. Freud privilégie la dimension intellectuelle et spirituelle de l'être humain. Il pensait avoir trouvé la base scientifique de la domination des instincts par la raison. Il présentait toujours la psychanalyse comme un savoir scientifique qui expliquait rationnellement les bienfaits de la frustration instinctuelle en vue de réalisations culturelles".

    Bref, à l'époque de Freud,on était "malades" (névroses) à cause de la civilisation, mais, en plus, à notre époque, c'est le stress, lié à notre mode de vie,  qui nous rend malades. (La compétitivité effrénée est source de stress). 
avatar
spongebob

Messages : 25
Date d'inscription : 22/09/2013

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  spongebob le Mar 11 Fév 2014 - 23:48

Merci à toutes et à tous pour vos témoignages très touchants. Moi en tous cas tout cela me touche beaucoup et me fait beaucoup réfléchir.

Je suis un peu têtu désolé mais je voudrais savoir comment vous vous êtes fait aidé pour arriver à mettre tout cela en mot et le surmonter. Ou au moins en prendre pleinement conscience et vivre avec sans que cela ne continue à vous bouffer de l'intérieur (métaphore volontaire).

Par exemple, dans le cas d'éducation sans écoute, vous avez pu faire écouter vos parents à postériori ? Comment avez vous renoué le dialogue ? vous êtes vous fait aider pour cela ? Comment faire si l'on n'a plus ses parents ?
J'imagine que la "simple" acceptation de tout cela n'a pas été sans mal.

Qu'est ce qui vous a permis de faire le pas ?

Tout ce que vous dites fait écho à beaucoup de choses. Une partie du "mal" étant diagnostiquée, il reste maintenant les chemins possibles pour faire que tout cela ne nuise plus...

Désolé si je pose beaucoup de questions mais je crois que cela peut aider des personnes qui se reconnaitront (au moins partiellement) dans vos vécus.

Evidemment on ne jette pas la pierre aux parents :-) beaucoup de gens ont vécu cela et n'ont pas de SEP. Par contre cela peut être un facteur aggravant quand le terrain physiologique/génétique est présent avec une hypersensibilité (si je lis bien tous vos témoignages). Bref le mauvais cocktail de facteurs.

Même si rien n'est démontré, il y a des coïncidences étranges de déclenchement de maladies par rapport à des vécus, et des maladies graves voire très graves. Je ne vois pas pourquoi la SEP ferait exception.

Encore merci de partager tout cela. Je suis certain que cela aide d'autres malades.

Mart67

Messages : 158
Date d'inscription : 12/06/2013

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Mart67 le Mer 12 Fév 2014 - 12:44

J’adore les têtus alors je vais essayer de faire une synthèse de mon expérience.

Pour commencer, je suis la petite dernière (2 grandes sœurs). Mes parents étaient agriculteurs, aujourd’hui à la retraite. Père autoritaire (il a toujours raison) et mère « soumise » (pour avoir la paix). Cadette mise en avant grâce à ses réussites scolaires, ingénieur alors que je ne suis qu’une pauvre technico-commerciale (DUT+ Ecole de commerce) lol.

J’étais une petite fille plutôt têtue qui n’acceptais pas la relation très tendue entre mes parents et surtout le côté « ne dit rien sinon il va encore s’énerver ». Alors j’étais souvent en conflit car je ne sais pas me taire, mais je culpabilisais énormément.

27 ans, première poussée. Deux sentiments cohabitent : désespoir et optimisme. Manque de chance comme on l’a déjà dit les poussées cohabitent avec d’autres évènements (dans mon cas avortement thérapeutique).

28 ans, diagnostique sep alors que je débutais une grossesse. Sentiments partagés : me battre pour mon fils d’un côté et mourir par peur de devoir vivre ce que les médecins me « prédisaient » (pas de traitement à l’époque) et réaction de l’entourage (mon employeur « on ne peut plus compter sur toi »).

29 ans, poussée et début Avonex. Je m’installe dans une dépression constante avec alternance de ça va et ça va plus.

Tous les 2 ans environ, bolus de cortisone. Je cherche toujours à comprendre ce qui m’arrive, lis tout ce qui me tombe sous la main (médecine traditionnelle et paramédical).

42 ans, réaction allergique suite injection Avonex : arrêt et sortie dépression flagrante (idées suicidaires disparaissent).

Découverte par « hasard » de l’hypnose via une professionnelle (psychologue et hypnose Ericksonienne). Elle travaille avec le centre anti-cancer de la région.

Première séance, une heure où je parle beaucoup, je repasse pour la xième fois tous les évènements douloureux (colère, larmes etc…). Elle m’écoute et note quelques trucs et me dit « vous êtes remplie de peurs » et « vous n’avez pas de sep ». J'en rigole et lui dit que l'autosuggestion je n'y crois pas trop.

On fait la séance d’hypnose (20 min), je suis sur mes gardes mais petit à petit, je m’apaise. Je repars bien mais un peu bizarre comme si il manquait quelque chose. Elle me prévient que dans le mois qui vient, jusqu’à notre prochain RDV, je vais beaucoup rêver mais que les rêves ne veulent rien dire. Tout va se faire tout seul.

Effectivement, un mois de folie, tout va très vite, comme si tout se bousculait pour prendre sa place.
Mon fils de 12 ans m’a dit, « c’est fou comme tu as changé, est-ce que tu es vraiment encore malade ».

Je fais encore 2 séances, beaucoup plus calmes pour moi et bien plus constructives. On aborde l'enfance, les parents et ce que je suis vraiment.

Aujourd'hui à 44 ans, la maladie n'est plus au centre de ma vie. Je ne suis plus l'éponge que j'étais, je relativise. D'un point de vue santé, beaucoup de choses se sont améliorées, les douleurs, la vision, les paresthésies mais la fatigue est toujours là. Il faut dire qu'en parallèle on m'a trouvé une thyroïdite, une acrodermatite et un syndrome sec. Ce qui me fait dire qu'il y a quelque chose d'autre qui fait ce remue ménage.

Je pensais au début que l'hypnose n’était que de la suggestion, mais le bien être se poursuit chaque jour. D’après ce que j’ai remarqué, c’est un changement de « vision mental », quelque chose de ce style du moins.
Je supporte enfin ces personnes égoïstes qui m’énervaient tant avant. J’accepte de ne pas pouvoir changer les gens, même mes parents, bref je suis plus sereine et plus efficace dans mes démarches.
Je suis convaincue que la médecine actuelle en sectorisant chaque domaine passe à côté de plein de choses et ne peut pas soigner efficacement les maladies auto immunes.


J'espère que ça apportera de l'eau à ton moulin, même si c'est pas bien limpide ce que je raconte.
avatar
Liseline

Messages : 437
Date d'inscription : 08/11/2012
Localisation : PACA

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Liseline le Mer 12 Fév 2014 - 13:15

Spongebob, tu demandes :

"Par exemple, dans le cas d'éducation sans écoute, vous avez pu faire écouter vos parents à postériori ? Comment avez vous renoué le dialogue ? vous êtes vous fait aider pour cela ? Comment faire si l'on n'a plus ses parents ?
J'imagine que la "simple" acceptation de tout cela n'a pas été sans mal."

Pour ma part, il ne s'agit pas du tout d'aller voir mes parents et de les accabler de reproches. J'ai par ailleurs d'excellentes relations avec eux aujourd'hui et nous nous aimons profondément.

Il s'agit de prendre conscience des impacts de mon éducation sur ce que je suis et d'essayer de démêler ce que je veux garder ou pas et les comportements qui relèvent du conditionnement éducatif ou de ce que je suis intimement (si tant est qu'on puisse appréhender ces aspects de manière distincte !)
Il s'agit de changer soi-même, grâce à des prises de conscience qui sont longues et se font par petit bout.

Je fait une psychanalyse depuis plusieurs années. Quand j'ai interrogé ma psy sur la possibilité de sortir de la SEP via une démarche psychanalytique, elle m'a répondu très justement : "c'est possible, mais cela n'a rien d'automatique". Parce que des évènements peuvent chaque jour nous faire faire marche arrière sur nos acquis, parce que d'une certaine manière nous tenons, faute d'en connaître d'autres, aux schémas que nous avons intégrés,...

Bref, c'est pas simple, mais c'est un chemin qu'il est enrichissant et passionnant de parcourir.

Bon courage

Lise
avatar
Domyleen

Messages : 7809
Date d'inscription : 29/04/2010
Localisation : Normandie

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Domyleen le Mer 12 Fév 2014 - 19:17

Sponge Bob: a écrit:Je suis un peu têtu désolé mais je voudrais savoir comment vous vous êtes fait aidé pour arriver à mettre tout cela en mot et le surmonter. Ou au moins en prendre pleinement conscience et vivre avec sans que cela ne continue à vous bouffer de l'intérieur (métaphore volontaire).
  Oh, lala, moi, j'avoue que cela n'a pas été simple: en fait, j'avais fini par admettre que je n'étais pas "normale": pour finir par me dire que c'est le monde qui marchait sur la tête, et que je n'y participerais pas. Heureusement, pour me sentir moins seule, j'avais mes "amis-livres, et je lisais surtout les auteurs "incompris" lol! 
   (Puis, Freud, bien sûr, ....), Fallait que je comprenne ... Et cela m'a bien aidée ... Mais que de temps perdu en "bavardage mental" (comme le dit Mart67).

Sponge Bob a écrit:Comment avez vous renoué le dialogue ? vous êtes vous fait aider pour cela ? Comment faire si l'on n'a plus ses parents ?
J'imagine que la "simple" acceptation de tout cela n'a pas été sans mal. 
  Perso, ayant compris qu'ils n'y étaient pour rien, je n'en ai pas parlé ... Même aujourd'hui, ils ne sont plus là, mais je me contente d'essayer de comprendre ce qu'avait pu être leur éducation à eux, et ce qui peut être différent de la mienne, et la façon dont nous avons réagi ... (En fait, j'ai eu une éducation, tout ce qu'il y avait de "normal").

Sponge Bob a écrit:Même si rien n'est démontré, il y a des coïncidences étranges de déclenchement de maladies par rapport à des vécus, et des maladies graves voire très graves. Je ne vois pas pourquoi la SEP ferait exception.

    Un article intéressant, sur ce site:
   http://www.masepmadit.com/la-maladie-pas-un-hasard/

Mart 67: a écrit: Pour commencer, je suis la petite dernière (2 grandes sœurs). Mes parents étaient agriculteurs, aujourd’hui à la retraite.
   Idem, mais moi, suis l'aînée de 4 enfants (5, en comptant ma plus jeune sœur, née après ma fille. 

Père autoritaire (il a toujours raison) et mère « soumise » (pour avoir la paix)
   Chez moi, pas du tout: mes parents formant un couple idéal (ils étaient beaux et s'adoraient).
    

Cadette mise en avant grâce à ses réussites scolaires, ingénieur alors que je ne suis qu’une pauvre technico-commerciale (DUT+ Ecole de commerce) lol.
  Même parcours exactement! Sauf, qu'en tant qu'aînée, j'étais "le" modèle, pour mes frère et sœurs ...


J’étais une petite fille plutôt têtue qui n’acceptais pas la relation très tendue entre mes parents et surtout le côté « ne dit rien sinon il va encore s’énerver ». Alors j’étais souvent en conflit car je ne sais pas me taire, mais je culpabilisais énormément.
   Têtue aussi, mais mes parents l'étaient davantage (surtout mon père, qui n'était jamais d'accord avec le curé, mais qui ne pouvait s'empêcher de passer des heures à discuter avec lui ... Aucun n'a réussi à convaincre l'autre, et ils n'arrêtaient pas de se chamailler ... Et ils s'étaient disputés pour de bon, à mon sujet, quand j'avais 7 ans, et mon père m'avait soutenue: plus de cathé pendant 1 an, et j'ai failli ne pas communier, car deux jours avant, j'avais annoncé que je ne croyais plus en Dieu: père croyant (en quelque chose, mais pas au Dieu des curés), et ma mère qui m'avait suppliée de faire "comme tout le monde" ... J'avais "calé" pour "être comme tout le monde".
  Pour mon père, j'avais "du caractère", pour ma mère, "un sale caractère". 
   Et le Bon Dieu? Il m'a vraiment pourri mon enfance (en voilà une "éducation" contraignante, et liberticide!).


Mart 67 a écrit:27 ans, première poussée. Deux sentiments cohabitent : désespoir et optimisme. Manque de chance comme on l’a déjà dit les poussées cohabitent avec d’autres évènements (dans mon cas avortement thérapeutique).

28 ans, diagnostique sep alors que je débutais une grossesse. Sentiments partagés : me battre pour mon fils d’un côté et mourir par peur de devoir vivre ce que les médecins me « prédisaient » (pas de traitement à l’époque) et réaction de l’entourage (mon employeur « on ne peut plus compter sur toi »).
   Perso, première poussée vers 16 ans (stress scolaire, peut-être), qui avait été "diagnostiquée" comme "probable névralgie d'Arnold". Et début de dépression, puis cataloguée comme "légèrement maniaco-dépressive".

29 ans, poussée et début Avonex. Je m’installe dans une dépression constante avec alternance de ça va et ça va plus.
   Mon diagnostic a été plus tardif (j'avais refusé le premier, par déni, environ 5 ans avant, ma mère venant d'en décéder), vers 40 ans, et premiers bolus, puis Avonex à 49 ans. 


42 ans, réaction allergique suite injection Avonex : arrêt et sortie dépression flagrante (idées suicidaires disparaissent).
 (Certains patients ont des idées suicidaires sous Avonex ... C'est dans les effets secondaires)


Découverte par « hasard » de l’hypnose via une professionnelle (psychologue et hypnose Ericksonienne). Elle travaille avec le centre anti-cancer de la région.
 (J'n'ai pas essayé, et pas envie.)

Elle m’écoute et note quelques trucs et me dit « vous êtes remplie de peurs » et « vous n’avez pas de sep ». J'en rigole et lui dit que l'autosuggestion je n'y crois pas trop.
  C'est bizarre, mais deux médecins (un psychiatre et un médecin spécialiste en électrophysiologie lors d'un électromyogramme) m'avaient convaincue que je n'avais pas de SEP. 

Il faut dire qu'en parallèle on m'a trouvé une thyroïdite, une acrodermatite et un syndrome sec. Ce qui me fait dire qu'il y a quelque chose d'autre qui fait ce remue ménage.
 Moi, aussi, Thyroïdite (d'Hashimoto: donc auto-immune).
 
Je suis convaincue que la médecine actuelle en sectorisant chaque domaine passe à côté de plein de choses et ne peut pas soigner efficacement les maladies auto immunes. 
  Je suis tout à fait d'accord! Il faudrait une médecine plus "holistique".
avatar
Domyleen

Messages : 7809
Date d'inscription : 29/04/2010
Localisation : Normandie

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Domyleen le Mer 12 Fév 2014 - 19:41

Liseline: a écrit:Il s'agit de prendre conscience des impacts de mon éducation sur ce que je suis et d'essayer de démêler ce que je veux garder ou pas et les comportements qui relèvent du conditionnement éducatif ou de ce que je suis intimement (si tant est qu'on puisse appréhender ces aspects de manière distincte !)
Il s'agit de changer soi-même, grâce à des prises de conscience qui sont longues et se font par petit bout.
  Beaucoup de sagesse de ta part Liseline! J’acquiesce! 
  "Il s'agit de changer soi-même, grâce à des prises de conscience qui sont longues et se font par petit bout."
  C'est, en effet, un travail personnel ...

   Et je suis d'accord avec la méthode psychanalytique! 
   En fait, c'est un peu ce que j'ai effectué (auto-psychanalyse, écriture, relecture, parfois des années plus tard, nouveaux questionnements, etc ... puis psychologue, mais je pense que parler à une personne extérieure, compétente, (comme ma psy) fait gagner énormément de temps)

Je fait une psychanalyse depuis plusieurs années. Quand j'ai interrogé ma psy sur la possibilité de sortir de la SEP via une démarche psychanalytique, elle m'a répondu très justement : "c'est possible, mais cela n'a rien d'automatique". Parce que des évènements peuvent chaque jour nous faire faire marche arrière sur nos acquis, parce que d'une certaine manière nous tenons, faute d'en connaître d'autres, aux schémas que nous avons intégrés,...
avatar
spongebob

Messages : 25
Date d'inscription : 22/09/2013

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  spongebob le Mer 12 Fév 2014 - 20:31




Et vous avez lu ce livre qu'elle pointe ? les critiques des lecteurs (sur le site indiqué en lien) sont plutôt bonnes. Le billet sur le blog est intéressant.


Au-delà de "c'est des conneries" ou "c'est super trop génial", ce qui est frappant c'est le nombre de personnes qui se retrouvent dans ces situations (j'en retrouve moi même des parties). La partie sur le cancer du sein est très très troublante dans l'article...


Les émotions sont une force magnifique mais mal gérées ça fait des dégâts. Pas de médaille sans revers...une fois de plus...
avatar
Domyleen

Messages : 7809
Date d'inscription : 29/04/2010
Localisation : Normandie

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Domyleen le Mer 12 Fév 2014 - 23:09

  Embarassed  Je viens de voir que mon lien ne marchait pas ... (Celui de Bob, lui, fonctionne).
   
    Alors: perso, je n'ai pas lu ce livre, mais une amie m'en avait parlé juste avant les fêtes ... (ça ne parle pas que de la SEP, surtout des exemples de cas de cancer qui se sont déclarés après un choc psychologique ...)
    L'auteur, Pierre-Jean THOMAS LAMOTTE, est neurologue, ce qui peut donner du crédit à cet aspect psychologique des maladies ...
    Dans un résumé quelque part (j'ai oublié), il y avait l'exemple de Ray Charles, qui était devenu aveugle 6 mols après la noyade accidentelle de son frère: or, ce qui était intéressant (et triste), c'est qu'il avait VU son frère se noyer, et c'est sa VUE qui a été touchée. (En fait, j'avais retenu cet exemple car j'en avais déjà entendu parler lors d'un documentaire sur Ray Charles il y a quelques années ... Et cela avait beaucoup intrigué les médecins qui l'avaient connu enfant). 
       Il y a encore tellement de choses inexpliquées pour l'instant, et le cerveau n'a pas fini de nous surprendre. 
avatar
spongebob

Messages : 25
Date d'inscription : 22/09/2013

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  spongebob le Mer 12 Fév 2014 - 23:32

Si si le lien fonctionne mais il n'est pas cliquable c'est tout :-)

L'histoire de Ray Charles est assez sidérante !!

Mart67

Messages : 158
Date d'inscription : 12/06/2013

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Mart67 le Jeu 13 Fév 2014 - 5:54

Comme toi Domyleen je peux dire "Et le Bon Dieu? Il m'a vraiment pourri mon enfance (en voilà une "éducation" contraignante, et liberticide!)."

Ma tante (soeur de mon père) était religieuse dans sa jeunesse mais a quitté le voile. Une vraie empoisonneuse de vie cette femme. A 76 ans elle continue   avec mes parents car pour moi ça fait belle lurette que je l'ai éliminé de mon environnement.

Pour revenir à un sujet plus constructeur, je n'ai pas encore regardé le lien que vous proposez mais je le ferai

Concernant ce thème des émotions je préfère l'approche du psychiatre Ericksone qui a développé une forme d'hypnose:

http://www.nouvellehypnose.com/content/view/100/115/


"ERICKSON redéfinit l’inconscient
Apparaît alors un changement radical d’attitude par rapport à l’inconscient de FREUD. Dans l’imaginaire social, cet inconscient freudien est essentiellement ressenti de façon angoissante, voire considéré de façon négative : l'inconscient apparaît comme un magma de pulsions sexuelles primitives, de pulsions de mort, de contenus traumatiques refoulés, de souffrances et de frustrations de la petite enfance, de complexes, ...
ERICKSON redéfinit l’inconscient de façon plus pragmatique tout en lui conservant sa part de mystère. L’inconscient est tout ce qui n’est pas conscient (y compris donc les centres nerveux autonomes qui celui qui fait battre notre cœur jour et nuit). Pour ERICKSON, l’inconscient est surtout un vaste réservoir de ressources potentielles que le patient n’a pas encore suffisamment exploitées pour plusieurs raisons, que ce soit par blocage ou défaut d’apprentissage."

"Né en 1902, Erickson était un enfant daltonien, dyslexique, et qui avait de la difficulté à reconnaître les sons. Il contracta une grave poliomyélite à l’âge de 17 ans."
Il disait à ses patients : ce qui m’intéresse c’est votre vie, pas votre fric.
 Il mourut à 78 ans.


http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/9899/mar09/vieerick.htm
avatar
Liseline

Messages : 437
Date d'inscription : 08/11/2012
Localisation : PACA

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Liseline le Jeu 13 Fév 2014 - 8:56

Juste pour préciser que le Dr Piere-Jean Thomas-Lamotte travaille avec Olivier Soulier.

Belle journée à vous !

Lise

Contenu sponsorisé

Re: Stress et maladies auto-immunes

Message  Contenu sponsorisé


    La date/heure actuelle est Lun 18 Déc 2017 - 4:50